RC Aero Lab
Mécanique du vol et aérodynamique des avions RC

Marlin64, le petit jet parfait... au train près

Publication : 07.05.2026

Le Marlin64 est un petit jet EDF particulièrement attachant : capable de voler aussi lentement qu'être démonstratif plein gaz, voltigeant très bien, facile et prévenant en toutes circonstances, et de surcroît peu onéreux et se contenant d'un petit accu 4S 2200 A.h... bref, le mouton à 5 pattes. Si ce n'était un détail (très !) agaçant, son train d'atterrissage indigent. Mal placé et trop rigide, il engendre des rebonds particulièrement désagréables, jusqu'à dans certains cas mettre l'avion sur le toit.

Je vous propose ici un nouveau train d'atterrissage amorti, très efficace et dont le principe est facilement réutilisable pour d'autres appareils similaires.




Conception du train amorti

Deux impératifs ont déterminé la conception d'un nouveau train :
  • réutiliser au maximum les pièces initiales : roues et tiges de train, recoupées à la mini meuleuse pour réaliser les axes de roue et les ancrages sur les ailes.
  • réaliser les nouvelles pièces en impressions 3D (PETG) : beaucoup moins cassant que le PLA et tenant mieux en température (au soleil, par ex.), tout en restant facile à imprimer.

Pour garantir la résistance mécanique, les pièces étant plutôt fines, le taux de remplissage est de 45% avec des épaisseurs de paroi de 1.2 mm. Les fourchettes sortent alors entièrement remplies, tandis que le corps de train présente un peu de vide dans les zones de forte épaisseur, ce qui limite la masse inutile. Chaque jambe a été éprouvé à 5 kg (limite de ma balance...), sans amorce de rupture ni déformation plastique, ce qui est plus que suffisant pour un avion demême pas 1 kg. A noter qu'il faut reprendre les trous au foret, ils ne sont pas parfaitement cylindriques même avec une très bonne imprimante 3D.

La suspension est assurée par des petits élastiques, dont le nombre est choisi pour supporter au plus juste le poids du jet : une légère pression doit suffire à décoller la fourchette du support. Les trois trains sont identiques, seuls changent la roue (celle à l'avant est plus petite) et le nombre d'élastiques (moins à l'avant). La cinématique du train n'a pas été conçue au hasard : le bras de levier du crochet de la fourchette augmente (d'un facteur 25/16 = 1.6) au fur et à mesure que le train s'écrase. Sa raideur augmente donc avec l'écrasement, et inversement, cela limite le risque d'arriver en butée et apporte un amortissement très efficace, évitant ainsi les rebonds.

S'ajoutent à ces pièces une bague d'arrêt et une vis M3, qui assurent trois fonctions :
  • fixation de l'ancrage de train dans le corps
  • positionnement angulaire (réglable, on peut ajouter du pincement ou de l'ouverture, au besoin)
  • support des élastique de suspension

Le résultat est assez bluffant sur la piste : le jet est "scotché" au sol dans les phases de roulage, et on distingue très bien le travail des fourchettes qui absorbent les moindres irrégularités du sol. A l'atterrissage, l'appareil se plaque instantanément dès que les roues touchent le sol, sans aucun tendance au rebond même lors de posés "durs". Les "touch and go" sont maintenant une formalité, alors qu'ils étaient quasi impossibles avec le train d'origine. Après des dizaines de vols, aucune défaillance n'est à signaler, le train est très robuste.

Les 3D à imprimer (PETG, parois 1.2 mm, remplissage 45%) :





Visualisation 3D du train (rotation, zoom et pan à la souris):